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Tara fatiguée, Tara secouée mais Tara libérée !

Tara fatiguée, Tara secouée mais Tara libérée !

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Date : 21 janvier 2008
Position : 74°12’ N 8°59’ W
Cap et vitesse : 36° et 5 nds
Vent : 15 nds
Visibilité : Bonne
Durée du jour : Nuit polaire
Glace de mer : Stable
Temp. air : – 6°
Temp. eau : – 1,7

Il est 17H00, heure de Paris nous faisons cap au nord-est. En eau libre. La bataille avec la glace, ou gagner quelquefois dix mètres était une grande victoire, est terminée. Tara a livré un combat de titan. Pendant une journée complète.
Car, c’est aujourd’hui vers midi que l’ « ice-edge » ( la frontière entre la glace et l’eau libre) a petit à petit montré les contours de son visage. Les plaques de glace étaient beaucoup moins nombreuses, le slalom continuait toujours avec un équipier en vigie à l’avant relayant des informations au barreur. Mais un canal central toujours plus large vers l’est se dessinait. Les blocs de glace étaient visiblement en fin de course, certains se transformant en sculptures étonnantes dans leur lente mais inexorable mort, goutte après goutte.
A bâbord la lune se reflétait dans l’eau, alors qu’à droite de la coque, les rayons du soleil baignait quelques nuages dans une aube marine. Rouge et dorée. Malgré le regret de quitter le pays des glaces, l’océan nous accueillait déployant ses plus beaux atours.
Il aura fallu une journée à Tara et ses équipiers pour se frayer un chemin entre les plaques et les blocs de glace, mais 40 miles plus loin cet effort à payer.
Devant l’étrave de la goélette, il y a maintenant 400 miles pour rallier Longyearben. Des vents de Nord-est, donc de face sont annoncés sur le chemin.
Nous repassons cette nuit en quart de quatre heures après une journée et demi passée en quart de six. Mais il n’est plus nécessaire de déployer la même énergie qu’avant. Une énergie qu’il faut maintenant gérer jusqu’à l’arrivée dans les Iles Spitzberg. Gérer la récupération. Comme on dit en course : ça sent l’écurie, mais il reste à donner le dernier coup de rein. A la vitesse actuelle, nous devrions arriver mercredi ou jeudi. Que l’on soit à bord depuis un an et demi, huit mois ou quatre ça va de toute façon faire drôle.

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