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India

Mars 2001. Je m’envole vers une nouvelle destination pour ma première aventure en solo. Cap sur New Delhi, la capitale de l’Inde, avec à la clé une première incursion en Asie.
Dans mon paquetage : deux boitiers photos, trois objectifs, un sac à dos et devant mois quinze jours de liberté. Je ne fais pas alors ce que je veux. Depuis 1999, je suis salarié à temps plein d’une chaîne de télévision nationale.
Dès l’arrivée à l’aéroport le choc est immédiat. Les sons, les odeurs, la lumière, la température, les voitures, les langues parlées. Tout est différent. Une sensation accentuée sûrement par la fatigue du vol et le fait d’arriver en pleine nuit.
Le lendemain, briefé par une amie qui m’a accueilli à l’aéroport, je me lance à la découverte de la capitale indienne. Premières ballades en rickshaw (Scooter à trois roues). J’achète mes billets de train pour le Rajasthan à la New Delhi Railway Station. Avec le temps dont je dispose, c’est l’État le plus proche de New Delhi et le plus dépaysant aussi. Sous des ventilateurs poussiéreux, dans une chaleur étouffante, des agents de la compagnie vous délivrent le précieux sésame. Seuls les ordinateurs donnent à cette salle un aspect contemporain.
Une fois installé dans un wagon sans fenêtres mais avec des barreaux de sécurité, dès les premiers hectomètres parcourus par ce train, je suis frappé par autre chose. Le long de la voie ferrée, des bidonvilles, des hommes et des femmes qui ramassent des sacs et des bouteilles plastiques pour les recycler. Certains défèquent à même le sol, à quelques centimètres des voies. Un cloaque auquel les passagers présents dans le train ne prêtent même plus attention.
Mon voyage me conduira d’abord à Jaipur puis Jodhpur, Udaipur, PushKar. C’est l’un des hauts lieux de l’hindouisme en Inde. Mon voyage se transforme alors en pèlerinage. Les ghats, ces ablutions et cérémonies religieuses que pratiquent les fidèles, sont issus de rituels millénaires. L’homme communie ainsi avec l’au-delà grâce à l’eau sacrée, d’ici.
Les rails m’ont conduit ensuite à Jaisalmer, l’irréelle. Une cité des sables surgie de nul part. On se trouve là à deux pas du Pakistan. Nichée en plein désert du Thar, il m’a fallu encore plusieurs heures de train sans fenêtres et quelques gorgées de sable, pour atteindre les fortifications de ce palais de maharadjah, comme surgies d’un rêve.
Cette boucle dans le Rajasthan restera pour moi, l’un des trips solo inoubliables que j’ai eu la chance de vivre. J’espère retourner un jour en Inde, peut-être cette fois dans le sud.

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